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Santé mentale et logement : quelles réponses ?    

Depuis quelques années, l’articulation, entre la problématique des troubles de voisinage et celle de la santé mentale, est au coeur des préoccupations des organismes de logement social et d’un nombre croissant de leurs partenaires.



Le Club Politiques Sociales de l’ARRA a choisi de traiter de différents aspects de cette question à l’occasion de sa dernière rencontre, le 17 octobre 2006. Cette rencontre s’est déroulée en présence de Jean FURTOS, Psychiatre, Chef de service au Centre hospitalier Le Vinatier (Rhône) et Directeur Scientifique de l’Observatoire National des pratiques en santé mentale et précarité (ONSPM - ORSPERE).
 
Les enjeux du maintien dans le logement
 
Un premier élément de traitement de ce sujet concerne les réponses à trouver dans le cadre du maintien dans le logement des personnes en difficultés. L’expérience conduite par l’OPAC de Villeurbanne depuis plusieurs années a permis de mesurer comment, avec pour seul cadre d’intervention le contrat de location, l’organisme pouvait mettre au point une procédure rigoureuse pour traiter les troubles de voisinage, parmi lesquels environ 10 % des situations relèvent de problématiques de souffrance psychique ou de santé mentale.
 
L’identification des situations par l’organisme nécessite d’être en capacité de pouvoir établir des liens avec les professionnels de la santé, pour mieux évaluer et partager les situations.
 
Les questions qui demeurent complexes pour le bailleur concernent d’une part sa légitimité à entrer en relation avec un tiers, proche du titulaire du bail lorsque ce dernier est en difficultés, et d’autre part, la gestion des situations de crise.
 
Un regard de « logeur » bien spécifique
 
Loin de cantonner les organismes de logement social à l’extérieur du champ de la santé mentale, Jean FURTOS a souligné qu’en qualité de « logeurs », ils étaient bien placés pour contribuer à l’analyse des troubles de l’habiter. Les organismes ne doivent pas, selon lui, douter de la légitimité dont ils sont porteurs. Ils doivent pouvoir s’inscrire dans des réseaux locaux de partenaires, afin de contribuer à l’établissement d’un dialogue entre bailleurs et professionnels de la santé mentale.
 
La nécessité du travail en réseau
 
C’est sur la construction de ce dialogue que l’expérience du Grand Lyon a vu le jour (Voir article ARRAnet), et a débouché sur l’élaboration d’un guide « Santé mentale et logement ». Le dialogue établi peut permettre en amont une meilleure prévention des troubles, doit contribuer à une meilleure gestion de la crise et, le cas échéant, de l’hospitalisation dans sa durée, de manière à mieux préparer le retour dans le logement.
 
Autre illustration des avancées du travail en partenariat, Philippe BRUSSON, Coordonnateur du Centre de Ressources des personnels de proximité d’ABC Hlm a témoigné de la demande de formation et de sensibilisation des personnels de proximité de Vaulx-en-Velin, soucieux de mieux comprendre les situations de troubles et de tensions auxquelles ils sont confrontés, afin de pouvoir les objectiver et distinguer ce qui peut relever de leur propre champ d’intervention. Des rencontres avec le CMP de Vaulx-en-Velin ont ainsi été mises en place (Voir article).

Des réponses à travers des produits logement spécifiques
 
A côté des réponses en termes de gestion et de partenariat dans le parc existant, cette rencontre a également été l’occasion de présenter l’expérience d’Alliade Habitat développée dans le cadre des résidences sociales.
 
Lauréate en 1994 d’un concours lancé par le Ministère du Logement intitulé « Un domicile pour les sans abris », la société Logirel avait alors construit une réponse en partenariat avec trois associations : le CLLAJ, Santé mentale et Communauté et Orloges.
 
Le concept du projet, qui a été finalement mis en œuvre dans deux résidences sociales, revenait à proposer une alternative à l’hôpital ou aux logements en foyer à des personnes isolées et en difficulté (notamment en termes de santé mentale), mais capables de vivre dans un logement de manière autonome.
 
10 ans après, Alliade Habitat constate que ces résidences jouent difficilement leur fonction transitoire, et que la sortie vers le parc « classique » ne se fait que rarement.
 
L’équilibre de gestion de ces petites structures, qui nécessitent un important dispositif d’accompagnement social, ne se fait pas et les coûts de gestion réels sont supérieurs aux financements obtenus.
 
Des pistes d’évolution sont actuellement examinées conjointement par Alliade Habitat et les associations partenaires pour améliorer la sortie des résidences sociales, afin de leur redonner une fonction de logement d’étape dans les trajectoires résidentielles des personnes.
 
La richesse et la diversité des expériences présentées le 17 octobre, ainsi que la qualité des échanges entre participants et intervenants, témoignent du vif intérêt porté par tous à cette thématique. De nouveaux rendez-vous sont donc à prévoir pour poursuivre ces échanges !

(ARR@net n° 9 - Décembre 2006)

(Crédit photo : Getty Images)
 

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