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Depuis quelques années, des édifices ou ensembles de logement sociaux entrent dans la sphère du patrimoine, par le biais de classements « monument historique », de labellisations ou de paragraphes qui leur sont consacrés dans des guides d’architecture.
Les spécialistes justifient cette valeur patrimoniale par trois critères. Le critère historique est le premier avancé. En France, les XIXe et XXe sont les siècles de l’industrialisation, de la croissance démographique, de l’urbanisation, de l’immigration, des guerres et des problèmes de logement qui ont accompagné chacun de ces évènements. Progressivement, tout au long de ces deux siècles, l’habitat social s’est constitué pour faire front. Les opérations d’habitat social héritées, en nous renvoyant à ces différents évènements, ont ainsi une valeur historique et testimoniale.
Le critère architectural est aussi retenu. Quelques-uns des architectes les plus célèbres des XIXe et XXe siècles ont produit de l’habitat social. Et au-delà des grands noms, l’habitat social a toujours été un terrain d’expérimentation des techniques architecturales : ici les techniques de constructions (préfabrication…), là les matériaux, là encore les « théories » (cités jardins, développement durable...), etc.
Enfin, les HLM sont avant tout des lieux habités. Le vécu des habitants constitue autant de mémoires. Qui dit mémoires dit, aussi, patrimoine.
Soucieux de réaliser un ouvrage qui présente cet argumentaire, mais qui aussi participe au débat sur le devenir des HLM, l’ARRA et AMOS42 ont mobilisé, au côté de leur Chargé d’étude / Doctorant Rachid Kaddour, une équipe d’auteurs indépendants composée de Catherine Payen et Pierre Gras, écrivains / journalistes, et de Serge Mouraret, photographe, ainsi qu’un éditeur professionnel, les éditions Lieux-Dits.
L’ouvrage, largement illustré, comporte une mise en perspective historique et architecturale, croisée avec un ensemble d’entretiens menés auprès de locataires, et un regard plus subjectif sur l’habitat social et le patrimoine ligérien, sous la forme d’une « balade urbaine » et d’un portfolio.  |