|
La chronologie suivante, applicable à bien d’autres départements, a été retenue : l’habitat ouvrier patronal, les HBM, les grands ensembles et les opérations plus récentes.
Avec la Révolution industrielle et le développement de la mine, de la métallurgie et de l’armement notamment, Saint-Etienne voit sa population multipliée par trois, passant de 40 000 à 120 000 habitants. Or, comme en témoigne la littérature de l’époque pour Saint-Etienne et d’autres villes françaises (Emile Zola, Flora Tristan…), les conditions de logements sont déplorables. Mises à part quelques expériences dès le milieu du XIXe siècle dans la métallurgie notamment (casernes de l’entreprise Holtzer à Unieux par exemple), il faut attendre le tournant des XIXe et XXe siècles pour voir les premières grandes cités s’édifier dans l’agglomération stéphanoise (Beaulieu, Chavassieux …).
Mais la production patronale, directe ou indirecte par le biais de sociétés HBM (les Cités Jardins de Casino par exemple), reste insuffisante. Si bien que, dans les premières décennies du XXe siècle, suite aux lois Bonnevay et Loucheur, les pouvoirs publics s’investissent et les premiers offices publics apparaissent. L’effort de construction est important et des sites aujourd’hui emblématiques sont construits, comme Solaure et Chantalouette à Saint-Etienne, l’ancienne cité de la Romière au Chambon-Feugerolles, la cité des Hongrois à Saint-Chamond, le Clos Durozeil à Rive-de-Gier, etc.
Mais ces efforts ne permettent toujours pas de couvrir l’ensemble des besoins, d’autant plus que la population ne cesse d’augmenter. Si bien que, à l’heure où l’abbé Pierre lance son appel sur Radio Luxembourg, Saint-Etienne est surnommée « capitale des taudis ». Le surpeuplement et l’inconfort des logements y sont en effet dramatiques. Partout dans l’agglomération, des grands ensembles sont alors construits. La qualité de conception de certains est réelle et, chose assez rare pour être signalée, deux d’entre eux sont aujourd’hui reconnus patrimoine : Firminy-Vert et Beaulieu (Saint-Etienne).
Il est plus difficile d’avoir un recul sur les opérations plus récentes (années 1970 à 2000), mais l’on peut toutefois être certain que, comme les précédentes, elles entreront un jour à leur tour dans l’histoire.
Cette histoire, la présentation de ces sites et bien d’autres choses encore sont approfondies et illustrées dans l’ouvrage HLM & Patrimoine. |